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My Domestic Abuse Story / Violence Conjugale

English version will follow



My domestic abuse story/ violence conjugale


Je trouve que la période dans laquelle on vit, il y a énormément de violence contre les femmes. Et je penses que c’est quelque chose qui doit stopper, que ça soit physique ou mental.

Nous les femmes, on endure beaucoup de chose et je n’ai même pas envie de parler de la femme noire car c’est pire pour elle.

Donc je voulais en profiter pour parler de mon expérience, ce que cela m’a appris…

il y a 3, 4 ans, quand j’étais en France pour mes études , j’étais en couple avec un homme qui était un amour. il me traitait d’une manière que personne ne m’avait traité dans ma vie. Il était hyper présent et faisait tout pour moi, et il était vraiment gentil avec moi.

Au début, on était juste des amis, avant même que je sois en couple avec lui, c’était vraiment juste un bon ami.

Basé sur son attitude et sur la manière dont il me traitait, je me suis dit « tu sais quoi, pourquoi ne pas essayer… » Il était différent des gens que j’ai pu rencontrer dans ma vie donc je lui ai donné une chance. Pendant les premiers mois, honnêtement, c’était bien. notre relation était hyper cool. C’était vraiment la relation que je n’ai jamais eu, tout droit sorti d’un conte de fée.


LES SIGNES


Puis il y a eu des petits trucs, du genre il voulait pas que je sorte, ou il venait en boite juste pour voir ce que je faisais. Sur le coup, je trouvais ça hyper mignon, car quand tu as un homme qui cherche à savoir là où tu es et ce que tu fais, tu te sens désirée… parce que tout le temps, il était du genre tu fais quoi? T’es où? Avec qui?… alors que tout ça, ce sont des signes de quelqu’un qui est très possessif. Et ça, c’était ma première erreur: le fait de ne pas comprendre vite que c’est un trait de caractère qui peut donner naissance à autre chose dans le futur.

Jusqu’à ce que ce qui m’est arrivé arriva, et que je me dises qu’en fait, cet abus a été une ascension de plusieurs petites choses sur lesquelles j’avais fermé les yeux depuis le début.

Donc ça avait commencé avec ces petites choses.

Après que cette période soit terminée, c’est devenu très bizarre entre nous, car il a commencé à me menacer quand je sortais ou si je voyais mes copines car il y a des copines à moi qu’il n’aimait pas du tout, car c’était ces copines là qui me disaient la vérité. Donc quand je disais que je vais chez untel, il disait « jamais de la vie » et il venait direct chez moi, vérifier ce que je faisais et m’interdir de sortir. Puis on a commencé à avoir de grosses disputes sur des petites choses. Et quand on se disputait, il m’insultait. Je n’ai pas été éduquée de la sorte, donc à l’époque quand on m’insultait, soit je me repliais sur moi-même, soit mon premier instinct était de me battre. Donc quand il m’insultait, je ne savais pas quoi lui dire, et je ne voulais pas l’insulter car quelque part j’avais peur que la relation s’arrête.

Et j’avais une copine à moi qui avait vécu une situation similaire, et qui me disait souvent « Fais attention, ça commence par les insultes ».


LA CRISE


Le jour ou c’est arrivé, j’ai une amie d’enfance à moi qui est décédée. Elle était tout pour nous dans notre clique, je l’ai connu à mes 12 ans. Ce soir-là je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit jusqu’à 5h du matin… Mon copain m’a appelé pour me dire de venir chez lui car j’étais seule chez moi et que ce n’était pas une bonne idée de rester seule… Je n’avais pas ma famille avec moi à Rennes, et mon frère était à Paris à ce moment-là. Je me suis donc dis que je vais y aller. Je suis arrivée vers 6h du matin et me suis endormie sur le canapé.

Et je me suis réveillée avec un coup au visage. Ma première réaction était que je ne comprenais pas, je dormais profondément. Et quand j'ouvre les yeux, je le vois avec mon téléphone dans ses mains.

En fait, il avait débloqué mon téléphone ( il avait mes codes, je ne lui cachais rien).

Il a vu un message que j’avais envoyé à un ami qu’on avait en commun. On habitait tous à Rennes dans le nord où il fait souvent gris et froid, et il y pleut souvent. Donc l’ami en question était allé dans le sud de la France en vacances et je l’ai texté en mode « wesh pourquoi t’es allé dans le sud sans nous dire, on serait venu avec toi. » À ce moment-là, quand je disais « on » je parlais de ma copine qui était avec moi quand je lui ai écrit mais aussi de mon copain car c’est un ami à nous deux donc pourquoi serais-je parti sans lui?

Mais lui l’a mal pris…


LA FIN


Ce qu’il m’a fait ce jour-là, je ne pourrais vous le décrire avec les mots, car c’est encore pire que ce que je pourrais vous expliquer…

C’était d’une violence telle que j’ai fini à l’hôpital. C’était tellement grave qu’il avait une arme à la main qu’il utilisait pour me frapper avec.

Au début, quand il a commencé à me frapper, j’ai appelé ma copine pour qu’elle lui explique qu’il n’y avait rien de vicieux dans ce que j’ai écrit mais il ne voulait rien entendre. Mes copines étaient au téléphone, à crier et le supplier de me laisser tranquille.

Elle sont restées au téléphone à m’entendre pendant qu’il me battait. C’était choquant pour elles et malgré leurs cris, il n’a pas arrêté…

J’ai essayé de me débattre et de sortir, j’ai glissé et suis tombée sur la tête. Tout ce que je me rappelle, c’est de me réveiller dans ses bras, car il me secouait pour essayer de me réanimer.

A ce stade je crois qu’il pensait que j’étais morte.

Il a compris qu’il était allé trop loin, et moi je croyais que c’était mon dernier jour dans ce monde. Il n’y a pas de mots pour expliquer comment je me sentais , comment j’avais peur…

Étendue par terre, je me rappelles entendre mes amis le supplier d’ouvrir la porte à travers l’intercom et il leur avait répondu « la seule manière pour elle de sortir d’ici, c’est que je la jette du balcon du 9ème étage ».

Et c’est là que je me suis dit « tu dois ouvrir les yeux, il faut que tu te lèves, sinon tu vas mourir ». Mes amis ont pu venir me chercher à l'intérieur de la maison. Je ne sais pas comment je suis sorti de là ... mais je l’ai fait. Quelques jours après je suis rentrée en Afrique pour être avec mes amis et ma famille.

Honnêtement, même quand j’en parles maintenant, je ne sais toujours pas comment j’ai réussi à sortir de là…


LA GUÉRISON


Je remercie Dieu pour ma famille, ma mère, mes amis… j’ai été soutenue par des gens qui m’ont fait comprendre qu’ils étaient là pour moi et si ce n’était pas pour eux, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui.

Le plus tragique dans tout ça, ce n’était pas le fait qu’il m’ait battu à mort, ni que j’ai perdu connaissance, ou encore le fait que j’ai cru que j’allais y passer… le plus grave était de me rendre compte, qu’après tout ce que j’avais subi, j’avais encore de l’amour pour lui. J’aurai pu trouver en moi la force de lui pardonner.

Si je n’avais pas eu ma famille et mes amis, j’aurai cédé si ce n’était pas pour eux. Et si ce n’était pas pour eux, je ne penses même pas que j’aurai été là aujourd’hui.

Je veux dire à toutes celles qui regardent de haut les femmes qui restent dans des relations abusives, Ne jugez pas.

Bizarrement, malgré la violence et la souffrance, tu te sens en sécurité avec cette personne. Tu as tellement peur de sortir de la relation car tu as l’impression que si tu n’es pas avec lui, tu ne sais pas ce qui pourrait t’arriver.

La seule chose à faire, c’est de les aider si elles ont envie d’être aidées. Les aider en étant là pour elles, les écouter même si tu sais qu’elles ne vont pas quitter leur ménage ou leur relation, soyez juste là pour elles.

Ma vie ne s’est pas arrêté à cet épisode, elle a commencé à cet instant-là. Je ne me laisserai plus être dans des situations dans lesquelles je ne me reconnais pas, qui me volent ma joie.

J’ai traversé une dépression, et c’est l’état d’esprit le plus noir qu’on peut avoir.

Je ne laisserai plus jamais qui que ce sois déranger la paix que j’ai. Et tu ne devrais jamais accepter qu’on te le fasse aussi. Peu importe ce que tu peux vivre, ta vie ne s’arrête pas à ça.




My Domestic Abuse Story


I think the time we live in, there is a lot of violence against women. And I think it's something that has to stop, whether it’s mental or physical abuse.

We, women, endure a lot of things and I don’t even want to talk about the black woman because it's worse for her.

So I wanted to take the opportunity to share my experience, what it taught me ...

3, 4 years ago, when I was in France for my studies, I was in a relationship with a man who was very sweet to me. He treated me in a way that no one had treated me in my life. He was very present and did everything for me, and he was really nice to me.

At first, we were just friends, even before I was in a relationship with him, he was really just a good friend.

Based on his attitude and the way he treated me, I thought, you know what, why not try ... he's different from the people I've met in my life so I gave him a chance. During the first few months, honestly, it was good. Our dates were super cool. It was really the relationship I never had, straight out of a fairy tale.


THE SIGNS


Then there were little things like he did not want me out, or he would come to the club just to spy on me. At the time, I found it super cute, because when you have a man who wants to know where you are and what you do, you feel wanted ... because he is always like « what are you doing? Where are you? With who? ... These are signs of someone who is very possessive. And that was my first mistake: not understanding quickly that it's a trait that can give rise to something else in the future.

I didn’t catch on to what was going to happen and I think that in fact, this abuse was a build-up from the beginning and I had closed my eyes. So it started with these little things.

After the possessive part ended, it started getting very weird between us, because he would threaten me like if I go out or if I saw my girlfriends because there are some of my friends that he didn’t like at all, I felt like it’s because those were the friends that would tell me the truth. So when I would say that I’m going to this friend’s place, he would be like "hell no" and he would fly to my house, to see what I’m doing, if I’m still there or no and threaten me not to leave. Then we would have fights about the smallest things. And when those fights happen, he would insult me. I wasn’t educated to swear at people, so usually, when I’m in an argument with somebody and they swear at me, my first reaction was either to fall back or to hit them because I don’t know how to insult anybody. At the time, when he did those things, I did not know what to tell him, and I didn’t want to insult him because I didn’t want the relationship to end.

And I had a friend of mine who had experienced a similar situation, and who often told me "Be careful because it starts with insults ».


CRISIS


The day it happened, I had a childhood friend of mine who had just passed away. She was the backbone of our clique. I’ve known her since I was 12 years old. That night I did not sleep until 5am ... My boyfriend at the time called and told me I should not be alone, and to come so I would not have to deal with this by myself... I didn’t have my family with me in Rennes, and my closest family there, my brother was in Paris at that time. So I decided to go. I went there around 6am and I might’ve passed out on the couch.

And I woke up to getting hit in the face. My first reaction was that I did not understand what was going on. I was sleeping deeply and when I open my eyes, I see it with my phone.

He had gone through my phone (he had my codes, I did not hide anything) and saw a message that I sent to a mutual friend of ours, a guy. We lived in Rennes in the north of France where it is very windy and rainy all the time. So our common friend went from Rennes to the south of France on vacation and I texted him like « damn dude! Why did you go to the south and you didn’t let us know, we would’ve come with you. » At that time when I said "we" I was speaking for me and one of my friend who was with me when I was texting, and obviously my man because he's a mutual friend so why would I have left without him? There was nothing ambiguous about it.

But he felt some type of way about it and it went from that…


THE END


What he did to me that day, I could not describe it with words, because it's worse than I can even put in words ...

It was so severe that I had to check-in in the hospital. It was so bad that he had a weapon, stuff to hit me with.

At first, when he started beating me, I was with my friend on the phone so she could explain to him that there was nothing malicious about what I said but he did not want to hear anything. My friends were screaming on the phone and begging him but he wouldn’t stop.

I tried to get away from him and I slipped and hit my head. The next thing I know, I wake up in his arms and he is trying to revive me.

I guess at that time, he felt like he had gone too far and I thought that It was my last day.

There are no words to explain how I felt, how scared I was ...

But me being unconscious, I remember my friends screaming from the intercom and him telling them: « The only way she’s getting out of here is if I throw her out from the balcony of the 9th floor. »

And that's when I said to myself "you have to open your eyes, you have to get up if you don’t snap out if it, you will die". My friends were able to come and get me from the inside of the house. I don’t know how I got out of there ... but I did it.

A few days later I was flying back to Africa to be with my friends and family.

Honestly, even when I'm talking about it now, I still don’t know how I got out of there ...


THE HEALING


I am very thankful that I had my mom, my family, my friends ... I had support! I had people that let me know that they were here for me. And if it wasn’t for them, I wouldn’t be the person that I am today.

The saddest part about all of this was not the fact that he beat me to death, nor that I lost consciousness or the fact that I thought I was going to die ... All of those thongs didn’t matter anymore when I realized that after all he had put me through, I still had love for him. I could’ve found it in my heart the strength to forgive him. If I didn’t have my family and friends, and if it was not for them, I do not even think I'll be here today.

I want to let everybody who look down on women who stay in abusive relationships and don’t leave, do not judge.

Through all the abuse or the violence, somehow you still feel safe with that person. Or sometimes, you feel scared to get out in the open because you feel like if you’re not with him, your life is not worth living. Or you are afraid of what could happen to you if you are not with him.

Do not judge. The least you can do is to help them if they want to be helped. Because you can only help a person who wants to be helped.

Be there for them, listen to them even if you know they won’t leave or they don’t have the strength, just be there for them.

My life did not stop at this episode, it started at this moment. I will never let myself again be in situations in which I don’t recognize myself, situations that steal my joy.

I've been through a depression, and that's the darkest state of mind you can have.

I will never let anyone disturb the peace I have. And you should never accept that too. No matter what you can live, your life does not stop at that.